dimanche 6 décembre 2009

Prise par le désir. De l'encre, du sang des larmes et de l'amour.

L'homme que j'aime est un séducteur, un séducteur qui aime contrôler et qui me refuse de gâcher notre histoire, de la laisser aller à une perter rapide. "Non l'amour n'est pas une chose facile, oui on peut se faire mal et c'est ainsi que nous nous frôlons le mieux, oui il y a le désir mais attends, petite, je vais nous créer de l'érotisme à n'en plus finir, allez, n'aie plus peur" voici ce qu'en substance il me dit.
J'avais tendance à penser que l'angoisse était l'antidote de l'amour, que l'anxiété signait la fin des choses mais il faut se rendre à la réalité, qui n'a d'ailleurs rien d'une évidence, l'angoisse n'est qu'un début.
J'aime un homme qui me dit de ne pas trop lui faire confiance, qui me stimule dans mon travail et que je suis sur cette voie pour à mon tour le stimuler dans la vie. C'est un amour exigeant, très jeune, brutal et sophistiqué.
Il est un peu plus âgé que moi alors il a a sans doute passé l'âge de la déraison et de l'urgence.
Alors, forcément je relis Nietzsche et Husserl, car j'ai grand besoin d'un cadre pour une philosophie de la perception et ce n'est pas seulement pour alimenter mon travail.
Se méfier, mais avant tout avoir l'humilité de se méfier de soi-même et de sa perception d'autrui.
Et puis l'érotisme intenable que même ici je ne peux pas dire. Ce qui, j'en suis persuadée l'effraie autant que moi. Le désir et le plaisir dévastateurs qui se sont emparés de moi, qu'il suscite comme malgré lui et toujours sous contrôle de ses neurones, pour prendre soin de nous, malgré moi.
Chacun à notre manière, nous avons des habitudes de vieux loups solitaires, ou alors de renards et je crois qu'il n'est pas d'accord pour nous laisser les garder.
Alors il joue avec mon désir pour me préparer à perdre mes habitudes. Il sait, il comprend. Et ce qu'il fait c'est demander "Veux-tu? Veux-tu vraiment?".
Il y a une chose que j'ai comprise récemment, c'est que tous les gens, mêmes les hommes que l'on aime ne sont pas de qualité comparable. Je croyais peut-être, fut un temps qu'un homme était bon parce que je l'aimais, erreur fondamentale entre l'en soi et le pour-soi, sans doute.
Je ne parviens pourtant pas à me départir de cette peur de la fusion, de l'amour fusionnel dont je me dis qu'il n'est que l'antichambre de la schizophrénie. des banalités peut-être, avant d'embrasser l'unicité de notre histoire.

1 commentaire:

John a dit…

Oh, que vous me surprenez ! Je lis, relis... "Il y a une chose que j'ai comprise récemment, c'est que tous les gens, mêmes les hommes que l'on aime ne sont pas de qualité comparable"
Je suis peut être hors sujet, mais vous connaissant si analytique, je pensais que vous vous seriez rendue compte que, malgré un archétype recherché, vous n'êtes jamais tombée sur la même bête.
L'instinct ne vous a jamais attirée mais il semble s'insinuer à côté de la raison. Ce n'est pas facile certes mais c'est tellement bon cette maîtrise dans les loups solitaires.